jeudi 21 juillet 2016

Tout près de mon bonheur

Cette nuit-là je n'ai pas dormi, et Hugo non plus -comme je l'ai appris plus tard. Nous étions profondément troublés, bouleversés. Je passais mon temps à m'émerveiller et à chercher un point d'appui. pour ces milles impressions nouvelles, pour ces rêves nouveaux, pour la grande confusion qui régnait en moi, pour les craintes et les espoirs encore vacillants. Parfois, je baignais dans une paix divine, je flottais dans un univers de sentiments harmonieux et apaisants. La certitude d'aimer et d'être aimée me fit vivre les heures les plus heureuses que j'aie jamais connues. Mais à d'autres moments, une ombre s'abattait sur moi, je sentais monter en moi une angoisse inexplicable - la peur de le perdre, un vague malaise, une soif de quelque chose -mais quoi ?
Je sentais ma douleur, tout près de mon bonheur. Je brûlais au souvenir de ses baisers, et je tremblais à la pensée de ses mots.
Anaïs Nin, 16 juin 1922, p.727.


Tout près de mon bonheur, 50x50, 2016.
Acrylique, liant, pigments, vernis, cire...
 

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