jeudi 12 mai 2016

Mes moments noirs

Les ombres sont revenues. De nouveau, il faut que je lutte contre  ses crises de découragement que je connaissais si souvent autrefois. De nouveau, cette sensation de fatigue infinie et d'épuisement physique, plus aiguë que jamais et plus désespérée. Je reste dans mon lit à penser à tout ce que je veux et dois faire; je sens mon malaise physique s'infiltrer doucement dans mon esprit, entraînant mes pensées dans des abîmes sans fond.  Pourtant j'aime être active. Pendant des jours et des jours, je me suis prise par la main et j'ai accompli des miracles; tant que mon esprit me soutient, je travaille avec une immense ardeur. Puis, soudain, le moral m'abandonne et le monde devient sombre et oppressant; plus rien ne semble me rattacher à la vie. Je dérive, je me sens faible, prise d'une fatigue incommensurable. J'ai honte, je ne veux plus écrire. Pourtant, écrire m'aide, car je n'ai plus à faire supporter mes moments noirs à ceux que j'aime. Anaïs Nin, 27 janvier 1924, p.804.


Mes moments noirs, 50x50, 2016.
Acrylique, pigment, encre, liant, mortier, mascara...


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